L’un des enjeux de la présence en ligne : instaurer des zones et des plages horaires a-digitales.

Entre la No-connexion, la dictature du temps réel, la web addiction et la protection de son intimité : Je teste la pause digitale, Et vous ?

Depuis quelques temps, j’explore la Pause Digitale de manière déclarative. Il s’agit d’aller plus loin que le repos quotidien, l’absence de connexion en mission, en famille ou dans l’intimité. Mon exploration s’inscrit dans un comportement déclaratif et un usage que je souhaite quantifier & qualifier. D’ailleurs mon hashtag #PauseDigitale sur Twitter a intrigué plusieurs personnes : « Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Inspiration musicale : la pause est variante

La « pause » évoque le repos, l’arrêt, l’interruption entre deux activités; un temps de respiration, de prise de recul, de plaisir. Appelée « pause café » en entreprise, de mi-temps au sport; il est « Silence« , »Ponctuation » ou « soupir » en musique. Ma préférence va pour la métaphore musicale car elle représente la pause comme une valeur démarcative mais avec des variantes de durée dont l’objectif est de séparer et de différencier les sons afin de mettre en exergue la relation entre deux notes.

Comme pour les notes de musique, chaque durée de silence a son symbole. Ci-dessous, les figures de Silence.

Crédit Wikipédia

 

Les particularités du Silence

  • Comptabilisation des temps: même si l’instrument ou la voix n’émet pas de son, il/elle continue à comptabiliser les temps
  • Une durée spécifique : Pour chaque valeur rythmique (durée d’une note), il existe une durée de Silence équivalente
  • Une représentation: chaque Silence a son symbole et son nom
  • Une formalisation: les silences sont répertoriés sur la partition
  • Un placement à la mi-hauteur: même si la hauteur du Silence n’a pas de règle, le symbole est souvent placé à la mi-hauteur de la mesure

Ainsi, si une note noire équivaut a un temps; le Soupir est un temps de Silence de un temps.

Les motivations pour une pause digitale

Avec Internet nos comportements ont changé. En somme, nous ne consultons plus Internet que pour travailler ou consulter une information: Internet nous accompagne au quotidien et particulièrement grâce ou à cause, selon votre vision, des Mobile Service, de la dématérialisation, du Web Social, de la Télévision sociale, etc. Même déconnectés de l’ordinateur, nos smart phones nous alertent de l’arrivée d’un message. Inutile donc d’avouer que même en coupure digitale, ces bip nous déconcentrent quelques instants en nous rappelant que la vie numérique continue.

  • En 2009, Henri Kaufman écrivait « Aujourd’hui, le premier réflexe est de vérifier ses mails, de vérifier les messages sur Twitter et Facebook, d’envoyer un message de bon anniversaire signalé précisément par le fidèle Facebook » au petit-déjeuner . Son sondage révélait même que  40.71% des interrogés ouvraient leur ordinateur avant de prendre leur petit déjeuner.
  • Le mois dernier, Alexis Thobellem publiait sur Mashable les résultats d’une étude américaine qui révélait que « 50% des connectés à Twitter commentent simultanément le programme qu’ils regardent à la télévision, aux US« .

Il est urgent et primordiale de prendre conscience, de s’imposer et de revendiquer une pause digitale

Je suis de plus en plus effarée par le comportement des personnes qui s’offusquent de l’absence de réponse immédiate à leur emails ou leurs commentaires. Je suis probablement dans ce cas; bien que j’essaye de mesurer cet état de fait. D’ailleurs nous tombons tous dans le travers de « Information envoyée = information réceptionnée » avec une notion du temps qui varie mais qui devient de plus en plus compressive. Un autre travers dangereux: oublier que nous avons besoin de temps de pause professionnelle tout en étant connectée pour des raisons personnelles et sociales et vice et versa. Nous parlerons ici de la distinction des espaces de conversation et de la présence numérique.

C’est l’exemple type, d’un prospect qui à la suite de mon commentaire amical sur l’une de ses publications sur Facebook me rétorque « Merci Fadhila… à ce propos je n’ai pas oublié ton email … je te réponds dès que possible » A cela, j’ai du préciser que nous étions dans un espace social; qu’il avait le droit de faire une pause; et qu’il n’avait pas à se justifier d’être présent sur Facebook alors qu’il n’avait pas répondu à mon email professionnel.

Cherche étiquette « Pause » désespérément 😉

Cette anecdote me rappelle, le temps où je travaillais en Compagnie aérienne. A l’époque où je portais un uniforme, avec mes collègues, nous nous cachions pour prendre notre pause car même assise en toute discrétion au fond de la salle d’une brasserie en train de manger ou de boire un thé, les passagers nous interrompaient pour nous demander des renseignements voire pour nous incendier. Au point, où je me demandais s’il ne fallait pas porter sur le front une étiquette « En pause » afin de savourer nos quelques minutes de pause de « No représentation ».

Aujourd’hui, j’explore l’idée de l’étiquette « Pause digitale » pour mon propre équilibre et pour « revendiquer » l’absence de réactivité.

Pour le moment, il s’agit d’un simple message sur Twitter que je tente de comptabiliser avec le service Quantter, un service qui de Quantified Self (en lien, un billet d’Emmanuel Gadenne sur Plateau TV). Mais je souhaite aller plus loin en appliquant la métaphore musicale. C’est-à-dire de qualifier, quantifier et ponctuer mes pauses digitales afin de distinguer mes différents temps de silence en fonction de mes différents usages numériques en intégrant la notion d’intervalle proportionnel.

Pour moi, « Pause Digitale » ne signifie pas toujours absence de veille ni sommeil mais une interruption d’émission de signaux relative à mes activités numériques pré ou post Pause avec parfois l’instauration d’une zone a-digitale en coupant le Wifi.

Et vous, avez vous déjà songé à organiser vos pauses digitales ?

Que pensez-vous de cette idée ? Et de l’inspiration musicale ?

La parole est d’argent et le silence est d`or : Pause musicale 😉

Share and Enjoy:
  • Print
  • email
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Live
  • Netvibes
  • RSS
  • Twitter
  • Posterous
  • Technorati
  • Tumblr
  • FriendFeed
  • viadeo FR
  • Diigo
  • Identi.ca
  • Wikio FR
  • MySpace
  • PDF
  • Reddit
  • StumbleUpon