L’eréputation est la transcription digitale d’une partie du ouï-dire qui alimente pas notre capital numérique.

Une part qui peut prendre de l’ampleur en fonction de notre notoriété ou de notre capacité à sortir du lot (se différencier) ou encore de notre présence digitale. L’autre partie étant la résultante de ce qui se dit de vous et de ce que vous faîtes dans les échanges emails et dans la pause-café du coin.

Pour éviter que le Web ne se souscrive à notre réputation toute entière nous devons gérer notre identité numérique en cohérence avec notre identité physique et réelle. Si celle-ci est à votre avantage.

Mais dans le cas inverse, l’extrapolation, l’invention… nous desservira sur le long terme. Dans tous les cas, quand on parle de crise ce n’est pas exclusivement de l’éréputation mais de la gestion de l’image et de la communication.

L’anonymat et le suicide numérique (disparition totale du Web) sont des mythes.

On ne gère pas non plus au Karsher le ressenti et la perception des individus !

On ne se construit pas une bonne ou une mauvaise réputation sur un instant t .  En revanche, un fait peut l’ébranler sur une durée déterminée ou indéterminée. En ce sens, que l’eréputation n’est pas une science exacte ni un acquis qui se construit sur des actions artificielles, individuelles et éphémères.

A l’heure du Web en temps réel, de la profusion de l’information et l’accélération de la distribution des données ; l’eréputation s’inscrit en marge. Elle s’inscrit dans une démarche dans la durée , dans la récurrence; elle est indissociable de la vie réelle et elle se co-construit dans l’interaction.

Oui, on peut vous promettre de vous construire une réputation en moins de 48h :

Avec l’ouverture de blogs, des photos et images, un bon référencement, des inscriptions à des groupes/hubs, des recommandations de gens qui vous trouvent génialissimes, des commentaires en profusion sur vos profils…

En fait on vous construit une image en « écran de fumée »à un instant t

On peut vous promettre d’effacer vos traces sur Internet et de vous laver de toutes les publications désagréables

en sur-référençant des publications, en passant par la pression et la menace, ou intelligemment par une lettre en A/R signée de la main d’un Maître

En fait, on réagit de manière ponctuelle à une crise sans vous pouvoir vous garantir que plus rien ne ressurgira sur le Web.

Google, le Big Brother même pas peur ! Lol

C’est vrai que l’internaute regarde majoritairement les premiers liens de la première page de résultat Google (moteur le plus utilisé en France).

Mais avec la floraison des moteurs de recherche de personne comme Webmii ou 123people, il est inutile de se focaliser sur les premiers résultats. Les moteurs de recherche de personne scrutent tout le web et toutes les publications publiques sans faire de distinction entre les homonymes, les informations passées/actuelles … Je dirais même que les résultats sont très aléatoires.

Ajoutons à cela que la prochain challenge sera celui de la Web sémantique et de l’analyse de la tonalité (analyse de notre capital sympathie).

La véritable et unique stratégie en gestion de la réputation numérique ne reposera que sur une approche systémique à moyen et long terme:

Parce que tous les cas ne se ressemblent pas.

L’être humain est unique, les situations sont différentes, les époques aussi. Aujourd’hui nous nous posons des questions qui deviendront obsolètes dans moins de 5 ans. Je rirais peut être de mes propres affirmations dans 5 ans.

Prenons l’exemple de la date de naissance. En 2004, dans les ateliers networking nous préconisons de noter la date de naissance de nos contacts pour leur souhaiter un bon anniversaire – une méthode « friendly » pour entretenir des liens avec son réseau-. Aujourd’hui, en gestion d’identité numérique nous préconisons de ne surtout pas mettre sur le Net sa date de naissance notamment pour se préserver des délinquants numériques (cf le système 3D Secure des banques qui ont opté pour la date de naissance comme code de sécurité bancaire)

Parce qu’il ne faut pas confondre « gestion de communication de crise de l’image » (un fait, un moment donné) avec « gestion de la notoriété » (perception dans la durée).

Une crise s’apprécie en fonction du contexte et des personnes sur une période donnée. Alors qu’une notoriété se construit dans l’action, l’interaction, la durée et la reconnaissance.

Pour illustration, il faut un minimum de 5 ans pour se créer un réseau solide et qualifié qui saura vous recommander. Un réseau qui jouera le rôle de barrière de corail en cas d’attaques (régulation collective).

Parce que nous avons tous une réputation dans la vie physique qui s’articule autour de l’opinion de personnes qui nous apprécient, nous dénigrent ou nous ignorent.

Sur le Web nous retrouverons les mêmes réalités.

  • Autant il est possible de poursuivre en justice une personne pour diffamation (envers une personne) ou pour dénigrement (envers un produit et un service).
  • Autant, la diplomatie et le silence peuvent être de bonnes tactiques.

Relancer et mettre en lumière une vérité qui n’appartient qu’a un individu ou un groupe d’individu peut aussi se traduire par une stratégie de perdant. La vérité sortira un jour.

Il est certain que certains sites/blogs sont dotés de « grands pouvoirs » (référencement, aura, buzz) et d’autres moins.

En matière d’e-Réputation il est aussi nécessaire de distinguer le ramdam en fonction de la pertinence de la source et de sa caisse de résonance.

L’éRéputation se gère en bonne intelligence économique:  collecte de l’information, qualification des données, analyse des sources et des risques, actions correctives mesurées (si besoin).

Le Web ne doit pas devenir la 3ème peine (en ref. à la double peine)

J’ai lu un article récemment qui précisait qu’il fallait assumer ses actes et ses dires. Oui, c’est vrai dans l’absolu. Mais la vie n’est pas une théorie :

  • Assumer, être responsable est une quête, un travail personnel qui nécessite parfois une démarche thérapeutique. On ne sort jamais indemne d’un storm ; nous ne sommes pas égaux face aux troubles et aux attaques. De plus, en cours d’instruction il est même déconseillé d’agir.
  • Lorsqu’une personne a été condamnée et/ou relaxée et qu’elle a payé sa dette envers la société, elle a le droit de poursuivre sa vie et ses rêves, de travailler et de se reconstruire une vie.
  • Laissons le passé au passé. Sans pour autant vouloir l’effacer. L’employeur a le droit de réclamer le volet 3 du casier judiciaire dans les secteurs à risque; pourquoi donner à vie le droit à l’internaute de consulter notre passé ?

Le Web doit-il devenir le volet n°4 du casier judiciaire? Qui plus est public ??? C’est un volet du droit à l’oubli qui me parait essentiel.

En matière d’eréputation, on n’efface pas les traces, on écrase les informations en actualisant les données afin de travailler son image et gérer son identité numérique au service de son projet de vie professionnelle.

Nous aurons tous à terme des données avantageuses ou défavorables sur le Web.

Je termine avec Brassens, le poète chanteur, et sa vision de la mauvaise réputation.
Georges Brassens « la mauvaise réputation »
envoyé par le-mauvais-sujet-repenti. – Regardez plus de clips, en HD !

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